soupir érotique.

Que des mots parfumés...

13 novembre 2005

Assez Manon !

Mais ça suffit, Manon ! Cesseras-tu enfin !
Voici plus de dix jours que sans répit ni trêve,
Acharnée à pomper ma substance et ma sève,
Tu poursuis le dessein d'accélérer ma fin !

Je ne suis pas de taille à répondre à ta faim.
Il faudrait pour cela qu'on enrôle et qu'on lève
Un régiment d'élite aux cris de " Tire ou crève ! "
Et dès qu'un soldat meurt, vite, un nouveau biffin !

Ou bien qu'un fier dix cors te prenant pour sa biche
Et qu'un printemps précoce incite à vidanger
S'exonère en rallant jusqu'à te submerger.

A moins qu'un étalon privé de sa pouliche
Ne verse en se cabrant son trop plein de vigueur
Au tréfonds de te ta gorge avalant sa longueur.

Jean

Posté par Soupir14 à 16:44 - Jean et ses sonnets... - Commentaires [0] - Permalien [#]

Bestiaire...

As-tu vu, ma chérie, un percheron qui bande ?
C’est énorme, on dirait qu’un greffon monstrueux
Est enté sous le ventre où le poil est soyeux
Et tend vers l’infini quand la jument quémande.

Ou le taureau qu’émeut la vachette en offrande ?
Doté d’un instrument presque aussi somptueux,
Ecumant sous le rut, hirsute, impétueux,
Hanté par la génisse auvergnate ou normande.

Le cerf est tout autant prisé pour son format,
Allumé par le brame il développe un mât
Que la biche aux doux yeux sollicite et convoite.

Je n’ai pas, pour ma part, un membre extravagant
Mais c’est fort bien ainsi car ta gaine est étroite
Et, vois-tu, mon amour, tu lui vas comme un gant !

Jean

Posté par Soupir14 à 16:40 - Jean et ses sonnets... - Commentaires [0] - Permalien [#]

11 novembre 2005

Ton ventre est nus. (Jean)

Ton ventre est nu, ton désir perle et ta fourrure
Trempée exhale un nard qui m’a rendu dément,
Cambre, oh, je t’en supplie, ouvre impudiquement !
Je veux t’écarteler jusqu’à la déchirure.

Ni atours, ni bijoux, ta toison pour parure
Où j’ai plongé ma langue et je bois goulûment,
Coule, oh, je t’en supplie arrose abondamment !
Je voudrais me noyer dans tes flots de luxure.

Seins tendus vers l’azur, yeux révulsés, ta bouche
Tétanisée expulse un hurlement farouche
Es-tu l’enfer profond ou le vert paradis ?

Ne réponds pas, je sais, tu es le gouffre immense
Et le ciel infini que j'implore et maudis,
Tu es celle où je meurs et où je recommence.

Posté par Soupir14 à 23:08 - Jean et ses sonnets... - Commentaires [0] - Permalien [#]

10 novembre 2005

Prière.

Liberez-les, Seigneur, autorisez mes vices
A déferler, puissants comme un torrent pressé,
Abrogez la pudeur, ôtez les artifices,
Laissez-moi me vautrer dans le stupre encensé.

Libérez-la, Seigneur, par tous ses orifices,
Laissez-la s’écouler comme un tuyau percé
Dégorgeant à longs flots la liqueur de ses cuisses
Jusqu’à noyer son corps ouvert et convulsé.

Du crépuscule ami jusqu’au point de l’aurore
Il faut que dans nos draps le plaisir nous dévore
Et nous lave à jamais du plus petit regret.

Assouvissez, Seigneur, ce désir qui nous ronge
Moi, de me la prendre enfin par son accès secret.
Elle, attendant qu’un membre herculéen y plonge !

Jean

Posté par Soupir14 à 17:43 - Jean et ses sonnets... - Commentaires [0] - Permalien [#]

Art poétique.

Je veux une écriture échappant au cocon
Tissé par les barbons garants du bon usage,
Quand on pourra chanter que la vulve est un con,
Je saurai que la langue a repris du courage.

Je veux que l’on franchisse enfin le Rubicon
Et que l’on abandonne à jamais le langage
Châtié, sans risquer de l’être à Montfaucon
Par un Torquemada surgi du moyen âge.

Je veux qu’on ose écrire « enculer » sans broncher
Et qu’on sache au besoin préciser que « troncher »
C’est s’introduire aussi dans les culs qui se tendent.

Je veux qu’on en finisse avec l’hypocrisie,
Pour l’honneur du poète et de la poésie,
Je veux des vers en rut et des sonnets qui bandent.

Jean

Posté par Soupir14 à 17:42 - Jean et ses sonnets... - Commentaires [0] - Permalien [#]

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